« Mon chien est dominant » ou pourquoi le terme de dominance est obsolète.

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J’essaie de régulièrement faire des updates de mon blog (et surtout de cet article) mais comme vous pouvez le comprendre ma thèse me prend énormément de temps. Hier (24 mai 2019), j’ai lu une nouvelle étude qui vient de sortir sur ce concept et qui est méga intéressante du coup il est temps de revoir un peu cet article 😉 n’hésitez pas à aller lire les sources et surtout lorsque vous lisez un article scientifique ne pas tenter de lire plus loin que ce qui est écrit et d’y mettre vos propres interprétations 🙂

bonne lecture ❤

Pourquoi je trouve qu’il est important de parler de cette notion de dominance ?

J’ai longtemps pensé qu’Eliott était « soumis », sans vraiment savoir pourquoi. C’est surement une façon de parler beaucoup trop ancrée dans notre langage. Et puis après pas mal de discussions (et de lectures) j’ai compris que c’est juste qu’il est gentil, plutôt calme et attentif à mes demandes et comportements. C’est aussi que nous avons une relation de confiance basée sur des compromis de nos vies respectives. Et ça, il m’a fallu du temps pour le comprendre. À écouter les éducateurs du Moyen-âge parler de dominance et de soumission, on est facilement endoctriné.

Mais voilà, Eliott ne me domine pas. Je ne le domine pas. Nous avons, je l’estime, une relation saine. Je préfère, dans la relation inter-spécifique parler référent plutôt que dominant (et chef de meute aha !). Pourquoi ? Parce que j’en ai la responsabilité. J’estime avoir plus conscience que lui de ce qui peut être dangereux (le four chaud par exemple). Aussi, je décide de ses heures de balades et de manger et je contrôle sa reproduction (qu’il n’a pas obviously vu ma position sur ce point). Mais il faut rappeler que nous sommes dans une relation entre humain et chien ET que celle-ci se base sur de la confiance avec un respect mutuel.

Cette relation que l’on a n’est pas exceptionnelle. Aucun chien ne cherche à dominer son maître, et aucun propriétaire de chien ne devrait avoir la sensation/le besoin de dominer son chien.

Voilà quelques unes de mes réflexions là-dessus, illustrées par des propos de professionnels du comportement du chien. En dessous, une liste non exhaustive des articles/ouvrages intéressants sur ce point 🙂


Loups et meute.

Avant d’évoquer la dominance à proprement parlé, il est important de faire un point sur les notions de loups et de meute. En effet, les éducateurs évoquant la dominance se base sur le comportement du loup. Aussi, ils sous-entendent également que leur(s) chien(s) fait (font) partie d’une meute, dont ils sont le « dominant alpha ».

Sauf que cela n’existe pas, chez le loup comme chez le chien 😉

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Tout d’abord, le chien n’es pas est un loup (SANS BLAGUE). Ensuite, la meute est un concept bien particulier : c’est un groupe social constitué d’un mâle reproducteur, d’une femelle reproductrice et de leurs petits. Le plus souvent, cela ressemble donc plus à une meute familiale qu’une meute hiérarchique. Par ailleurs, les chercheurs montrent qu’il y a très peu de comportements agressifs dans les meutes de loups et que le mâle reproducteur ne passe pas son temps à montrer aux autres qu’il est le plus haut dans la « hiérarchie ».

Le chien n’est donc pas un loup au sens qu’on donne actuellement à ce terme. Il est une variété de loups au sens large, domestiqué depuis des milliers d’années. En effet, lorsque vous regardez un reportage sur les loups sauvages, y voyez-vous votre chien ? Non. La raison est simple, le chien est une espèce domestiquée par l’homme. Le chien et le loup sauvage n’ont rien à voir. D’ailleurs, des études sur les chiens sauvages ont également montré que la domestication ne fait pas tout. Le chien et le loup sont bien différents même à l’état naturel.

Les meutes de chiens errants qui peuvent exister ne correspondent pas aux meutes de loups observées. Le concept de meute étant assez compliqué, je vous renvoie aux lectures conseillées ci-dessous.

Il n’est donc pas question de loups, ni de meute quand on parle de comportement canin.


Le mythe du chien dominant ?

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On entend très souvent de la bouche des maîtres de chiens, comme de celle de certains éducateurs traditionnels, qu’un chien est « dominant ». Cela n’a en réalité AUCUN SENS. À part effrayer les nouveaux propriétaires de chien puisqu’on rentre le chien dans une case…

Je vois souvent sur les forums des gens qui posent la question « mon chien est dominant, que faire ? » quand on leur demande pourquoi ils pensent qu’il est dominant, ils ne savent pas vraiment. La plupart du temps c’est parce que le chien ne les écoute pas ou montre des comportements d’agression. Le problème est que ça les fait agir d’une façon bizarre avec leur chien : le besoin de le dominer et donc d’avoir une relation asymétrique de contrainte. De plus, ranger son chien dans la case de dominant est pour moi la facilité de l’incompréhension du comportement canin…

Pourquoi dominer un chien ? Quel est l’intérêt pour soi mais aussi pour le chien ?

Cela a été ma première question avec Eliott : pourquoi et surtout comment. Le mettre le dos contre le sol quand il fait une bêtise, lui interdire l’accès aux endroits en hauteur (canapé, lits), passer devant lui à chaque porte, le faire attendre pour manger et bien d’autres choses. J’ai vite compris que tout cela ne servait à RIEN. J’ai compris ça grâce à Eliott, qui n’a jamais compris pourquoi lui faire faire ce genre de trucs, j’ai donc vite abandonné tout ça. Eliott a vite eu le droit de tout faire, enfin presque tout, tant que j’estime qu’il est en sécurité. Par exemple, je ne le laisse pas passer avant moi lorsque j’entends un chien un peu excité devant la porte de mon immeuble, je lui demande de descendre du canapé quand je dois le nettoyer, il mange à heures régulières contrairement à moi donc parfois avant moi et parfois après, je ne l’ai plus jamais mis sur le dos et ne l’ai jamais contraint par la force à faire quelque chose qui le dérange. Et pourtant, c’est un chien très obéissant et très sage (oui je suis une humaine fière !) : il a un très bon rappel, je le promène sans laisse régulièrement, il est très attentif, il répond aux quelques tricks que je lui demande, il vient dans le lit le matin mais le soir dort dans son panier etc.

Qu’est-ce que la dominance ?

Tout d’abord, dans le comportement global du chien, la dominance est un terme bien vague et souvent mal utilisé. Et j’en ai ma claque de voir les gens parler de choses qu’ils ne connaissent pas sous principe de leur expérience avec des chiens… Aussi, les définitions sont compliquées mais il y a des consensus :

→ « La dominance décrit les relations sociales dominantes et subordonnées à long terme au sein d’une dyade ou d’un groupe » (Clutton-Brock et al., 1979; Drews, 1993).

→ « Les individus dominants ont généralement un accès prioritaire à des ressources clés telles que les partenaires de l’alimentation et de la reproduction, en raison de la conquête constante d’interactions agonistiques ou de défense, au cours desquelles un individu cède systématiquement le pas à un autre » (Lorenz, 1966; Smith & Price, 1973).

→ La dominance est tout d’abord « un terme descriptif des relations entre des couples d’individus » et en outre « l’utilisation de l’expression « chien dominant » n’a pas de sens dans la mesure où la « dominance » ne peut s’appliquer qu’à des relations entre des individus. » (Bradshaw et X, 2009).

« Les données sur les chiens de chenil suggèrent que la dominance est basée sur la soumission (signalée principalement par le mouvement de la queue du corps et une posture basse) plutôt que sur l’agression » (Van Der Borg et al., 2015).

« Bien que la personnalité soit largement indépendante du contexte et reste stable dans le temps (Jones & Gosling, 2005), le statut de dominance dépend des partenaires en interaction »

De cela, on retient donc que :

  • La dominance n’est pas un trait de sa personnalité, ce n’est pas quelque chose de constant. En réalité, on peut utiliser le concept de dominance dans une interaction précise entre 2 congénères. Donc pour commencer un chien n’est pas dominant, dans une dyade à un instant T il peut se montrer dominant et l’autre se positionnera en soumission (ceci ne correspond pas à de l’agression hein !).
  • Ces comportements ne sont en aucun cas figés, ils sont contextuels à une interaction sociale !
  • Un comportement dominant implique un comportement dominé de l’autre côté
  • Ces comportements diffèrent de loin de ce que certains peuvent imaginer… Ils correspondent à des adaptations à l’autre.
  • Dire d’un chien agressif envers les autres qu’il est dominant ne veut rien dire

PS : en psychologie (donc chez les humains), la dominance est souvent qualifiée de trait de personnalité (Gosling et John, 1999) et décrit la disposition d’un individu à affirmer son contrôle lorsqu’il traite avec autrui.

Pour illustrer cela, je reprendrais l’exemple si juste de Danielle Gobout :

un groupe est constitué de deux chiens. L’un ayant un caractère plus fort et plus de tempérament est reconnu comme le dominant des deux. Par contre, nourrissez bien votre dominant et affamé votre soumis pendant 2-3 jours. Au bout de cette période, placez un steak par terre entre les deux. Qui croyez-vous obtiendra le steak? Le dominant? Je vous jure que votre dominé se battra à mort pour l’obtention de la bouffe, afin de subvenir à ses besoins de survie. La situation a donc fait en sorte de changer.

–> « la valeur de ressource subjective, combinée à l’apprentissage associatif (Bradshaw, Blackwell et Casey, 2009; Bradshaw, Blackwell et Casey, 2016) et à la personnalité (McGreevy et al., 2012) peuvent expliquer les interactions entre les chiens plus simplement que la théorie de la dominance. De plus, si les chercheurs ne supposent pas l’existence d’une hiérarchie de dominance, ils en identifient rarement une. Par conséquent, une approche plus dynamique est nécessaire pour comprendre les organisations sociales (Overall, 2016). »

Quels facteurs font varier cette fameuse dominance ?

On a vu que celle-ci varie selon les situations mais les chercheurs se sont également penchés sur les facteurs plus internes qui peuvent affecter ces interactions (relations?) dominant-soumis.

Par exemple, le sexe où les chiens plus âgés dominent plus souvent que les jeunes cf règles de Bradshaw, Blackwell et Casey (2016) : «pour pouvoir rester dans le groupe, adoptez un comportement affilié envers tous les membres du groupe âgés de plus de vous êtes ». Cependant, cette corrélation n’est pas systématique.

En ce qui concerne le sexe : « les conflits entre chiens de même ménage sont plus fréquents entre chiens de même sexe, et les couples de femelles sont le plus souvent affectés » (Sherman et al., 1996; Wrubel et al., 2011). .

Les chiens subordonnés ont montré un meilleur apprentissage en condition de démonstrateur. Les résultats des deux études suggèrent que le rang social affecte la performance dans les situations d’apprentissage social, car les chiens dominants ont tendance à suivre les humains tandis que les chiens subordonnés suivent les autres chiens (Pongrácz, Bánhegyi & Miklósi, 2012).

La dominance dans l’interspécifique

Il n’y a pas de preuve qu’elle n’existe pas mais pas de preuve qu’elle existe non plus. AussiRésultat de recherche d'images pour "fée dessin" il est difficile de prouver que quelque chose n’existe pas. Par exemple : les fées n’existent pas, prouves-le ? Ah bah eh ça va être compliqué

En ce qui concerne l’interaction homme-chien, le concept de dominance est franchement ABSURDE… En effet, il n’y a pas de domination inter-espèce et le chien perçoit bien ce qu’est un humain, un chien, un chat etc. Donc le comportement de domination n’existe pas entre un maître et son chien. Pour moi c’est une invention purement débile qui renforce chez certains maîtres/éducateurs le sentiment d’avoir le « pouvoir ». Pour d’autres, c’est simplement dû à une incompréhension du comportement de son chien et donc une solution « facile » pour mettre un mot sur quelque chose de dérangeant.

Beaucoup d’humains se veulent « chef de meute », « mâle alpha ». En plus de n’avoir aucun sens, cela est très nocif à la relation entre un humain et son chien. En effet, vouloir toujours avoir le dessus sur son chien, utiliser la force et la contrainte peut entraîner des comportements de peur, d’anxiété ou d’agressivité de la part du chien. Ces comportements ne seront pas des signes de dominance, non, mais des réponses à une attitude négative de leur humain.

Il n’est donc pas question d’être le « dominant » de son chien mais d’en être le référent. Le terme de leadership sous-entendant des limites et une communication claires en récompensant les bons comportements et surtout en n’utilisant pas la force pour contraindre le chien. Globalement, l’humain doit être le gage de sécurité du chien : le chien doit avoir des règles pour ne pas faire n’importe quoi.

Je pose ça là comme ça :

Les médias populaires ont également influencé les attitudes des propriétaires, en décrivant souvent les chiens dominants comme des chiens présentant des problèmes de comportement ou une tendance à l’agressivité. Un chien est souvent qualifié de dominant lorsqu’il «se comporte mal», par exemple s’il saute dessus ou montre de l’agressivité envers son propriétaire. La croyance que de tels comportements peuvent signifier que le chien tente de contrôler le comportement des propriétaires est basée sur des modèles erronés d’organisation de la meute de loups et a souvent été utilisée pour justifier l’utilisation de techniques d’entraînement abusives (Bradshaw, Blackwell & Casey, 2016). Cependant, les techniques de renforcement négatif et d’entraînement aux punitions positives peuvent augmenter le stress, la peur et la méfiance, et sont associées à une agression accrue à l’égard des autres chiens de la famille (Casey et al., 2013) et des membres humains de la famille (Casey et al., 2014). Selon ces études, les punitions positives ont également des connotations abusives évidentes. (Kubinyi & Wallis, 2019)

L’étude de Kubinyi et Wallis (2019)

/!/ cette étude s’intéresse à la perception des propriétaires de chiens, pas à une observation éthologique des comportements canins !

« Pour comprendre comment le propriétaire du chien utilise le mot «dominance», nous avons évalué les attributs qu’il associe à la dominance à l’aide d’une étude par questionnaire. Nous devons noter ici que, comme le suggère Westgarth (Westgarth, 2016), il est possible qu’une hiérarchie de dominance ne soit pas fondamentale pour la structure du système social des chiens, mais plutôt comme un sous-produit de l’observation humaine. Selon ce point de vue, la domination est simplement la question de l’interprétation individuelle, et c’est une autre raison pour enquêter sur la façon dont le public interprète la «domination» chez les chiens. Dans cette étude, nous avons interrogé des personnes possédant plusieurs chiens. Nous avons étudié la relation entre les rangs, le comportement et la démographie des chiens. Nous voulions savoir si les chiens que les propriétaires ont classés comme «dominants» manifestaient certains comportements plus ou moins souvent que leur partenaire subordonné.

Résultats :

  • La majorité (87%) des propriétaires ont classé l’un de leurs deux chiens comme dominant. Le statut de domination perçu était caractérisé par des attitudes de combat, soumission, aptitude à la compétition, valeur subjective des ressources, personnalité, rôles spécifiques et âge avancé. 13% étaient incapables de déterminer un ordre de classement clair entre leurs chiens.
  • Les éléments associés à la dominance perçue correspondaient à des marqueurs comportementaux de dominance identifiés par Pongrácz et al. (2008), tels que se battre, aboyer, manger d’abord et se faire lécher la bouche, ainsi que des indicateurs liés à la priorité d’accès aux ressources telles que la nourriture, les récompenses et les lieux de repos (Schjelderup-Ebbe, 1922).
  • /!/ Toutefois, les éléments examinant le contrôle de la balle et du propriétaire (salutation) ne différaient pas entre les chiens «dominants» et les chiens «subordonnés», ce qui suggère que la valeur de la ressource subjective (Van Kerkhove, 2004; Bradshaw, Blackwell & Casey , 2009) a probablement un effet plus important que le rang perçu
  • Les «dominants» marquent plus souvent les chiens de même sexe que les chiens de sexe différent, suggérant une compétition plus intense entre les sexes. Dans les dyades de chiens de sexe mixte, les propriétaires considéraient les femelles comme dominantes plus souvent que les mâles, même si, dans 59% des dyades, leur taille était inférieure à celle de leur partenaire masculin. Cela pourrait être lié au fait que les femmes dominantes étaient plus souvent stérilisées que les hommes dominants. Des études antérieures avaient montré que l’activité hormonale avait une influence sur l’agression entre chiens (Sherman et al., 1996), et que l’agression était plus fréquente chez les femelles stérilisées que chez les femelles intactes et les mâles stérilisés (Wright & Nesselrote, 1987; Scandurra et autres. , 2018).
  • La dominance était également associée à des éléments concernant théoriquement les comportements considérés par les humains comme des responsabilités, telles que la défense et la direction du groupe. De même, Ákos et al. (2014) ont constaté que lors des promenades sans laisse, les chiens jugés dominants par les propriétaires étaient plus souvent suivis par leurs compagnons de groupe jugés soumis.
  • Enfin, nos résultats ont confirmé que certains traits de personnalité (agressivité, impulsivité et intelligence) sont associés à la domination déclarée, comme suggéré par Ákos et al. (2014), qui ont constaté que l’agressivité envers les personnes et la contrôlabilité étaient liées au rang de domination et au leadership chez les chiens de compagnie.
  • Cependant, contrairement à l’hypothèse liée à l’âge, qui suggère que l’âge explique mieux la structure sociale dans les groupes de chiens (Bradshaw, Blackwell & Casey, 2016), nous avons constaté que le statut de dominance, tel que perçu par le propriétaire, représentait seulement 11% de la variable explicative

Nous ne disposons d’aucune information sur la validité convergente, que les évaluations de dominance et de comportement reflètent les taux de comportement réels. (2) Seules les relations entre dyades simples ont été examinées. Des travaux antérieurs ont montré que les individus peuvent et peuvent effectivement établir différents types de relations, y compris les «amitiés», lorsqu’elles sont associées à des individus différents, et que ces relations peuvent également évoluer au fil du temps, suggérant une complexité sociale élevée chez les chiens (Trisko, Smuts & Sandel, 2016 ). Les futures études devraient examiner en quoi les relations des individus diffèrent au sein de ménages comptant plusieurs chiens. (3) Nous n’avons pas non plus inclus d’éléments sur le comportement affiliatif dans le questionnaire; il n’a donc pas été possible de classer les relations de dominance en types formels (affiliation et domination) et en types égalitaires (affiliés sans domination). (4) Nous n’avons pas pu examiner les différences de race dans les relations de dominance. Les races de chiens et les groupes de races diffèrent grandement par la morphologie et le comportement typique (Turcsán, Kubinyi et Miklósi, 2011; McGreevy et al., 2012; Starling et al., 2013). (5) En raison de contraintes de temps, nous avons appliqué des énoncés comportant un seul élément pour décrire les traits de personnalité. (6) Nous avons étudié l’interprétation de la position dominante uniquement en Hongrie, bien qu’il puisse y avoir des différences culturelles importantes (Wan et al., 2009). (7) Nous avons demandé aux propriétaires de comparer deux chiens, ce qui était difficile pour certains propriétaires, comme en témoigne le grand nombre de valeurs manquantes dans l’ensemble de données. Les futures études devraient viser à collecter séparément les données relatives aux chiens subordonnés et dominants, en utilisant par exemple les échelles de Likert, ce qui permettrait d’utiliser la modélisation statistique. (8) Enfin, les futures études devraient également examiner la fiabilité inter-observateur. Ainsi, plusieurs personnes devraient évaluer les chiens afin de réduire le risque que les réponses reflètent le point de vue et les préjugés d’une personne.

Reste à savoir si la domination perçue par les propriétaires n’est qu’un sous-produit de l’observation humaine. Cependant, si nous supposons que notre questionnaire mesure les relations de dominance réelles au sein des dyades, nos résultats montrent que l’âge, le sexe et le statut neutre de la dyade influencent la relation entre les sujets, ce qui a des implications plus larges pour la gestion des chiens au sein des ménages. Étant donné que les humains sont responsables en dernier ressort du choix des partenaires sociaux (humains et conspécifiques) de leurs chiens, ils ont le devoir d’essayer de veiller à ce que les relations sociales soient aussi amicales que possible, afin de maintenir les niveaux de stress chronique, et donc le bien-être à un niveau acceptable. Par exemple, dans les dyades mixtes, les femmes stérilisées étaient souvent considérées comme dominantes et affichaient des comportements susceptibles d’accroître les conflits (reflétées par le score de différence réduit), quels que soient leur âge et leur taille. La compétition dans la dyade pourrait être réduite et toute augmentation éventuelle de la motivation de domination des femelles (causée par la stérilisation) serait évitée si les femelles pouvaient rester intactes et le mâle neutralisé si nécessaire (pour empêcher la reproduction). Des recherches antérieures ont montré qu’une hiérarchie classée par sexe et par âge est présente chez les chiens (Cafazzo et al., 2010).

Ainsi, les propriétaires pourraient renforcer la position des personnes âgées dans la hiérarchie afin de réduire la concurrence dans le ménage. De plus, pour prévenir les conflits, les propriétaires doivent éviter de garder plusieurs chiens du même sexe et du même âge. Enfin, de futures études sont nécessaires pour déterminer comment les propriétaires perçoivent leurs propres relations avec leurs chiens. Par exemple, si les propriétaires ont différents types de relations avec les chiens au sein de leur ménage et comment cela pourrait influencer les relations intraspécifiques entre leurs chiens; un sujet qui est actuellement très discuté. Par exemple, une étude a déterminé que les chiens établissent des relations similaires avec les humains et les chiens, et que la qualité du lien varie davantage avec le partenaire individuel qu’entre les partenaires chien contre humain; indiquant que les relations ne peuvent pas être entièrement attribuées à la personnalité d’un individu (Cimarelli et al., 2019).

Je terminerais cet article avec une vidéo très intéressante de Ian Dunbar (activez les sous-titres si vous ne parlez pas anglais;) )

https://www.youtube.com/watch?v=GOW0IKO_zfM


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2 commentaires

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