Petit résumé de la conférence avec Guy Gilbert, organisée par l’Arche des Associations (5/12/15).

J’avoue être allée un peu à reculons à cette conférence. En effet, le prêtre Guy Gilbert m’intriguait beaucoup et j’avais envie de connaître son histoire mais… Oui parce qu’il y a un gros MAIS quand même ! Cette conférence était organisée par l’Arche des Associations qui est présidée par le directeur d’Animalis.

L’Arche des associations est, sur le fond, très intéressante puisqu’elle regroupe des associations militant pour le bien-être animal, le droit animal et la médiation animale donc ça parait plutôt sympa !! Un regroupement pour éviter que les petites associations ne coulent et pour que puissent se rencontrer les intervenants des différents domaines du monde animal. Sauf qu’on va pas se moquer du monde non plus, le directeur d’Animalis Jean-Philippe DARNAULT qui parle de bien-être animal alors que les animaleries ne sont clairement pas des exemples (animaux dans des cages toute la journée, les rongeurs qui meurent régulièrement, des animaux exposés aux regards de tous et donc aux dérives de tous parce que pour adopter chez eux on vous demande pas grand chose à part de l’argent) m’a fait doucement rigoler. J’ai quand même écouté son discours avec une oreille objective mais cela n’a pas changé mon point de vue non plus. L’idée est donc intéressante (soutenue par Mathieu Ricard) mais à mon avis on peut faire mieux.

Évidemment cet avis ne concerne que moi mais il mérite quand même une réflexion.

Donc, revenons à nos moutons !! Je vais reprendre les points intéressants de cette conf concernant la médiation animale.

Pour commencer, un bref rappel de Laetitia BARLERIN sur le concept d’animal thérapeute qui, selon elle, n’est pas exact puisque c’est la présence de l’animal qui facilite la thérapie et non l’animal qui soigne.

⇒ Cette première intervention est questionnante car sur le fond elle est juste puisque dans la thérapie par l’animal, l’animal est un facilitateur de l’efficacité de la thérapie. Cependant il est faut de dire qu’il n’est pas thérapeute puisqu’il participe à la thérapie, pour moi, au même titre que le thérapeute humain, j’aime donc bien le terme de co-thérapeute.

Plusieurs intervenants me rappelle que la médiation animale est en pleine expansion, et je ne peux qu’être ravie de cette nouvelle. Une dame évoque son travail en équithérapie avec des enfants autistes, une autre son travail en entreprise sur le burnout et la cohésion des équipes. On voit bien là, la diversité des pratiques en médiation animale !!

  • Cela me questionne également. En effet, j’ai bien peur que l’expansion de la médiation animale entraine certaines dérives. Tout le monde est d’accord avec moi qu’il y a une nécessité d’une supervision par un comité des pratiques en médiation animale. Cela ne doit être en aucun cas une contrainte pour l’animal mais vraiment un plaisir. Mme Barlerin rappelle d’ailleurs qu’en médiation animale on peut faire une heure de route, arriver et repartir parce que le chien n’est pas au top. Je pense malheureusement que beaucoup de thérapeutes ne respectent pas cela.

À ma plus grande joie, la directrice de Parole de chien a évoqué les 2 DU existant pour se former en médiation animale : celui de Paris Descartes et celui de Clermont-Ferrand. Le deuxième paraît mieux car s’adresserait vraiment au soin avec l’animal alors que celui de Paris serait plus généraliste sur la relation homme-animal. (voir ici pour la liste des formations)


La bergerie de Faucon

Guy Gilbert est un prêtre qui sillonnait les rues françaises pour parler avec les jeunes dits marginaux. Une fois ils lui ont demandé d’acheter une ruine pour qu’ils en fassent une maison avec leurs propres mains. Et ils l’ont fait. Aujourd’hui, ça a vraiment de la gueule !! La structure accueille pour 2 ans des jeunes avec des problématiques sociales, de délinquance etc. au sein d’une grande ferme avec 120 animaux de 30 espèces différentes.

Il y a maximum 7 jeunes (de 13 à 15ans) et 17 éducateurs ; un côté très familial avec l’entretien de la maison, les punitions en faisant la vaisselle pour tout le monde, l’argent de poche distribué selon le comportement etc. → on sort donc de la sphère purement éducative ou sociale à laquelle ces jeunes sont habitués.

Guy Gilbert met en avant le fait que les jeunes changent radicalement pendant ce séjour (ce qui n’est pas étonnant). Certaines maladies mentales diminuent sensiblement, voire disparaissent. Cependant, cela me fait penser aux séjours de sevrage où l’individu sorti de son monde quotidien adopte de nouveaux comportements plus « sains » mais le retour dans cet environnement est souvent un retour aux anciennes habitudes…

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Pour les détails sur la construction de l’association et son fonctionnement je vous renvoie ici : http://www.bergerie-faucon.org/index.asp

Je reviendrais uniquement sur les passages qui m’ont marquée et qui recoupe l’intérêt de travailler en médiation animale.

  • Guy Gilbert explique que quand un jeune arrive, il fonce dans l’enclos directement vers la bête. Sauf que les animaux n’aiment pas cette brutalité/impulsivité et ils vont donc les remettre en place. Au fur et à mesure, les jeunes vont adopter ce qu’il appelle des « gestes de paysans ». On voit donc ici que ces jeunes qui sont inadaptés à la norme des interactions humaines sont capables de s’adapter à l’animal.
  • Ces bêtes permettent de cadrer les jeunes. En effet, elles ont un rythme régulier et exigent beaucoup de lois pour des jeunes qui n’ont que la leur. Là aussi, ils s’adaptent, ils s’y tiennent grâce au lien particulier qui se construit avec l’animal.
  • Animal a un côté sensoriel, une sensibilité propre à chacun qui exigera que les jeunes soient patients afin de créer un lien.

« des jeunes qui repoussent l’Homme car n’ont jamais reçu d’amour reprennent contact par l’animal »

  • De plus, il ajoute que les jeunes violents vont vers les bêtes violentes, que les sexuels vont vers le lapin etc. → il y a donc une affinité par rapport aux points communs. Cela permet d’ailleurs de mieux comprendre le jeune
  • Les jeunes sont fascinés par l’amour qu’une bête peut donner et leur donner.
  • « La bête ne ment jamais, la bête ne juge pas et ne triche pas »

Cette conférence était donc intéressante car elle m’a permis de découvrir une autre façon de pratiquer la médiation animale. On sort de la thérapie pour plus faire quelque chose d’institutionnel mais tout autant intéressant.

Là aussi, il ne faut pas oublier le bien-être animal où les enclos ne sont bien évidemment pas suffisants.

 

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